29.4.06

En Ballade au Japon, part 3

Bon, c'est le dernier, après je ne vous embête plus.
Retour sur un livre ancien mais actuel, étrange mais proche (allez encore un autre, je me creuse), simple mais violent? (ouais, pas terrible... en même temps c'est pas mon métier)

Pitch: "La souffrance de l'emprisonnement réside dans le fait que l'on ne peut, à aucun moment, s'évader de soi-même."
Pitch 2: "La liberté ne consiste pas seulement à suivre sa propre volonté, mais aussi parfois à la fuir."
Son of a Pitch: "La solitude est un enfer pour ceux qui tentent d'en sortir ; elle est aussi le bonheur pour les ermites qui se cachent."
Climax, vous êtes sur les dents. Perdus, appeurés... moi aussi je l'étais. Restez calmes, on n'est pas chez les toutouyoutous ici.


L'Homme-boîte
Abe KOBO
Stock (1973?!)
221 pages/ 8€
Traduction de Suzanne Rosset

L'auteur: Kôbô Abe, né en 1924 à Tôkyô, passe son enfance en Mandchourie. Après avoir fait des études de médecine, il se consacre à la littérature. Son premier roman, Kabé (Les Murs), obtient en 1951 le prix Akutagawa, le plus grand prix littéraire japonais. Écrivain, mais aussi militant communiste, il participe au groupe Littérature populaire, organise un cercle littéraire dans un quartier d'usines et publie dans d'innombrables revues. En 1962, paraît La Femme des sables qui obtient en France le prix du Meilleur Livre étranger. Le romancier et dramaturge est mort à Tôkyô en 1993.

La dédicace de la traductrice:
Lorsqu'on m'a demandé si j'étais d'accord pour traduire le roman d'Abe Kobo, "L'homme-boîte", je savais, par avance, que j'allais, en acceptant, au devant de difficultés. La principale d'entre elles était de déchiffrer, à travers une histoire atypique, les principes de la philosophie de l'auteur et la façon dont il envisageait la situation de l'homme dans le monde moderne. L'homme-boîte qui a enfoui sa tête et le haut de son corps dans un boîte en carton est un personnage oppressé par la complexité des temps modernes ; il est le symbole de l'impuissance individuelle face à un monde hostile. La boîte est donc, pour lui, un endroit protecteur et sûr. Il y découpe, à hauteur des yeux, une ouverture qui lui permet de jeter un regard vers le monde extérieur. C'est ce regard même, d'un microcosme vers un macrocosme, qui le sauvera, car il entrera ainsi en communication avec la femme aimée qui l'obligera à sortir de sa boîte et à se révéler au monde. On peut dire que "L'homme-boîte" est une sorte de roman philosophique à "suspense".
Vous avez un aperçu de l'histoire, et cela suffit. Le reste est à découvrir.
C'est un roman qui jusque dans l'écriture, m'a beaucoup touché, sans doute le thème m'était aussi assez personnel- aouch!-. Toujours est-il que cette expérience de lecture m'a fait me poser beaucoup (trop?) de questions quant à mon rapport au monde, à ma personne propre... et m'a semblé aussi m'en apprendre pas mal sur le Japon également: la place de l'individualité dans la machine de masse... ce genre de trucs.
Bref, un livre assez fort.

Bon après j'ai regardé un "Le grand Silence", histoire de me remettre droit dans les bottes... et j'ai donc appris que le Mauser n'est pas tout face à un Tigrero sous coke... ça peut servir. Bon week end.


photo: Jack Anderson

une biographie(eng) de Kobo
Un biblio aussi

bande son:
Alice in Chains - Man in a Box
Katerine - Un homme un vrai
Nirvana - Heart Shaped Box
Michel Polnaref - Je suis un homme


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